"Mi-99, mes genoux ne me portent plus.
Trois années, j’ai repoussé l’échéance à coup d’infiltrations régulières d’anti-inflammatoires et testé un visco-suppléant de la synovie.
Rendez-vous est pris pour le 5 octobre, avec le chirurgien et son équipe, pour le genou droit.
L’opération se déroule sans problème.
De retour à la chambre : aucune douleur. Comme prévu, 48 heures après nous commençons la mobilisation.
Petit contre-temps le soir même, je suis très fatigué, en fait les analyses font état d’un taux d’hématocrite inférieur à 6, c’est une hémorragie : deux poches de sang frais et ça repart !
Cela s’appelle : "essuyer les plâtres", l’incident est noté dans le protocole.
Durant 18 jours, je reste sous surveillance à l’hôpital : insupportable malgré les bons soins des infirmières… A la télé, les manches de La Coupe de l’América.
Enfin, le feu vert m’est donné pour sortir et entamer la rééducation.
Têtu, j’ai prévu de plier cette première étape pour la fin de l’année ; le 2 janvier 2000, le second genou est programmé.
Bug de l’an 2000 oblige, l’opération est repoussée de 15 jours : rage !
Mon plan en prend un coup.
Je suis toujours en contrat à durée déterminée, je me suis donné 6 mois, en tout et pour tout, et à l’horizon une idée : fin juillet 2000, le Congrès Mondial de l’hémophilie à Montréal.
Le 17 janvier, second rendez-vous avec J., le chirurgien.
Ce retour est difficile, pendant 3 nuits et 3 jours, la douleur, de la force d’une bonne hémarthrose, ne me laisse pas de répit.
Bon, dans ce cas-là, je sais qu’il n’y a qu’à attendre…
La leçon retenue de la première expérience : pas de mobilisation avant la rééducation.
Février, je retrouve B., kiné de son état, qui hésite.
La rééducation au centre, c’est tous les jours. Intense et éprouvante. Il faut serrer les dents, et à ce jeu nous sommes très durs.
Par chance, B. rempile pour deux nouveaux mois et demi… de connivence.
Début mai, je reprends le boulot : je suis dans les temps.
Je suis éprouvé, mais le plaisir de mettre le pied sur le trottoir, de le monter sans craquement, sans douleur est ma première satisfaction, après tout ça.
Je ne m’étais pas laissé arrêter par la dégradation progressive de mes genoux, alors depuis…"