Avril 2001- septembre 2002 : 18 mois, "le temps hémophile coule" dit Laurent
Voulzy ; pour le coup, il ne coule pas assez vite à mon goût.
Janvier 2002, une occasion se présente, le comité d’entreprise propose un circuit
de 9 jours autour de "Guatemala City", le tarif est avantageux.
Je m’inscris pour le départ du mois de mai, septembre est encore très loin.
Me voilà une nouvelle fois face à un guichet d’embarquement, pour une escale
à Houston, puis direction Guatemala City.
Le fait de passer par les Etats-Unis complique quelque peu cette étape.
Les aiguilles des kits de facteur VIII posent problème. Il faut demander l’autorisation
au commandant de bord pour que je puisse les garder dans mon bagage cabine.
Cela demande un peu de patience et un certain sang froid pour voir étaler le
fait d’être hémophile en quasi-place publique. Zen !
Pour ce qui est des prothèses, je suis rodé, je préviens avant de passer sous
le portique de détection, cela calme le jeu…
Le portique bippe, je fais l’avion pour la fouille au corps… Ce n’est jamais
une fille qui l’a fait, tant pis !
Ce rituel annonce le départ, quel pied !!!
A cet instant, l’hémophile n’existe plus, c’est parti pour 12 heures de transit.
Avec le décalage horaire, on arrive le soir même, il est plus de 23 H, direction
l’hôtel pour un bon repas et un bon lit.
Le matin, je tire les rideaux de la chambre, mon attention est tout de suite
attirée par une montagne à la forme spécifique. Et oui, c‘est bien un volcan.
Qui plus est un panache de fumée s’en échappe : il est en activité.
Mea culpa, j’avoue que je ne me documente pas plus que ça. La lecture
n’est pas un de mes passe-temps favoris, j’y vais au feeling. Je crois que l’on
a tous, dans un petit coin de nous, une (ou plus !!!) destination qui nous parle.
Donc pour la petite histoire, le Guatemala est situé dans une région à haute
activité sismique et volcanique, moi qui imaginais ce pays comme un grand plateau,
bizarre… Mais quelle surprise!!!
Justement le lendemain, nous partons pour Panajachel au bord du lac Atitlan,
un ancien volcan qui a explosé, laissant un cratère de 35 Km de diamètre.
Comme pour la Chine, ce qui m’a guidé, c’est le regard des gens et leur mode
de vie si différent de ce que je connais.
Les marchés hauts en couleurs, la diversité des produits, les couleurs vives
des vêtements, comme ceux des Tibétains à plus de 20.000 Km de là.
Moment fort du voyage : le décollage pour Flores, situé à une trentaine de kilomètres
de l’antique cité Maya de Tikal, au cœur de la jungle, dans une atmosphère moite
dont le silence est rompu par les cris des singes hurleurs, et le jacassement
des oiseaux tropicaux.
Un site fabuleux de temples, de pyramides, à gravir bien sûr, les marches sont
hautes, on a vite le souffle court, mais l’effort est récompensé par un point
de vue qui surplombe la forêt tropicale.
Un détour, une étape de plus sur le long chemin de ma reconstruction physique
et morale.
Je me sens maintenant apte à partir n’importe où, bien sûr dans la limite de
mes moyens, en les bousculant un peu plus à chaque fois si possible.
A chaque voyage, la rencontre avec l’autre est favorisée par l’éloignement,
la perte des repères et des points de référence du quotidien.
A Montréal, j’ai croisé O., un bout de fille plein de courage et de volonté,
ainsi que notre sympathique N.
Durant le voyage en Chine, j’ai fait la connaissance de M. et S., deux baroudeuses
qui avaient passé quinze ans en Afrique pour une balade dans les petites rues
de Canton, un peu égaré, mais pas complètement perdu…
Au Guatemala, Santiago, notre guide local, qui connaissait plus de blagues belges
que nous !!!
Dans mes valises de retour, un beau souvenir de cette végétation luxuriante,
un chapeau typique de la région, pour la collection de mon frère, des peintures
d’artistes locaux pour moi et des gri-gris !