L’idée, c’est la Chine, je réserve ma place pour un périple de 18 jours.
Pour ce qui est des suites opératoires, cela fait plus de 12 mois et, sur le
principe, j’ai l’aval de mes médecins, J. et F.
Pour un tel voyage, il faut être conscient des risques dus à l’éloignement, s’assumer à 100 % pour ce qui est de la médication, et surtout avoir une bonne assurance rapatriement.
Bon, maintenant, comment y aller ? Tout simplement en feuilletant un bi-mensuel de bonsaï.
Je prends contact avec J., un gentil organisateur de virée en Chine.
Le 30 mars 2001, je pose le pied à Shanghai, la Chine m’ouvre les bras.
Après 11 heures d’avion et alors ? "No problemo !!!"
Le coup est pris, c’est dans la peau !
Je vais parcourir plus de 5000 Km avec une joyeuse équipe.
De Shanghai à Canton, où tout se mange : tout ce qui a 4 pattes, sauf les chaises et tables ; tout ce qui vole, sauf les avions ; tout ce qui nage, sauf les bateaux et les sous-marins.
Détour par l’une des vallées perdues de la région que les Chinois appellent "la Mer des Chansons" en Chine méridionale, aux confins des provinces du Guizhou, du Hunan et du Guangxi.
Rencontre émouvante avec les villageois Dong et Miao, deux minorités chinoises, qui nous accueillent dans leur village de maisons en bois, de ponts millénaires "de la Pluie et du Vent", et entouré par les rizières de l’époque Ming à flanc de colline.
Un regard, un délicieux repas, deux journées intenses de sentiments.
Un saut en avion et nous voilà à Zhongdian, ville d’une province tibétaine posée sur un plateau à 3300 mètres d’altitude.
Je m’agenouille, très maladroitement, la position est inconfortable, pour recevoir des mains d’un moine tibétain, la bénédiction et l’écharpe dédiée.
A l’horizon la chaîne de l’Himalaya, un paysage ouvert, sous un vaste ciel bleu, où nous croisons une farandole de jeunes filles habillées de vêtements de fêtes aux couleurs vives, tranchant avec le côté aride et austère de ce plateau. Elles se pressent pour féliciter une amie, toute jeune maman.
Nous prenons le bus pour descendre à 2400 m dans la vallée, un arrêt aux Gorges du Tigre, ici le Yangzi n’est encore qu’un torrent, et nous arrivons à Lijiang.
De l’avis de tout le groupe : un petit paradis dominé par le mont Yulong de 5600m d’altitude.
Durant la visite du pavillon des Cinq Phénix, je me porte acquéreur d’une calligraphie, qui m’était destinée…
Le calligraphe l’a écrite devant moi, c’est une personne très connue et respectée dans son pays car il exécute son art en tenant le pinceau à la bouche : il n’a pas de bras.
Un moment fort en émotion. G., moins rapide, la voulait aussi, il m’avance l’argent !!!
Le message dit : "Ceux qui ont confiance en eux ne manquent de rien".
Je ne suis qu’au début de ce chemin qui me semble très long et tourmenté.
Nous poursuivons notre circuit par la visite du centre de réhabilitation des pandas, au nord de Chengdu. Deux jours plus tard, nous embarquons pour la descente du Yangzi (le Fleuve Bleu), fleuve le plus long de Chine. Du mythique passage des Trois Gorges jusqu’au grand barrage qui, à terme, élèvera le niveau de l’eau en amont de 135 mètres en moyenne, ce passage ne sera plus alors qu’un lac tranquille.
De retour à Shanghai, le rêve prend fin, un fabuleux voyage en famille et avec des amis. Le virus est pris : celui-là ne fait de mal qu’au porte-monnaie !!!
La Chine est immense, le prochain voyage de l’équipe est prévu pour septembre 2002… Au programme le Nord, Pékin, la Mongolie Intérieur, la grande Muraille…